L’éditeur comme le cuisinier peut être un salarié ou un entrepreneur. Dans ce cas, en plus de son travail, il doit gérer, comme un éditeur, toute une chaîne en amont et en aval de son travail.
Plusieurs millions de personnes ont écrit ou écriraient un livre en France et on peut espérer que tout le monde lit. Certes un peu moins que ceux qui mangent.
Depuis quelques décennies, les cuisiniers s’efforcent d’être sur tous les plateaux de télévision pour faire connaître leurs recettes. Les éditeurs y sont très rares et ils ne donnent jamais le moindre truc utile. Plus grave encore, ils n’essaient même pas de faire comprendre ce qu’est leur métier au point que celui-ci est méconnu, pour ne pas dire inconnu. Peut-être un changement : au dernier salon du livre à Paris, une table ronde sur le métier d’éditeur a été organisée.
Mais revenons à la cuisine. Depuis le temps que les chefs nous donnent leurs recettes, leurs trucs ou leurs tours de main, leurs salles de restaurants ne désemplissent pas (ou alors pour raison de crise), particulièrement celles des meilleurs d’entre eux. Sortir pour manger à la cafeteria du supermarché ou dans un lieu sans âme autant dans la salle que dans l’assiette, ça se discute vraiment mais « se faire un bon resto », qu’il soit petit ou étoilé, c’est toujours une expérience enrichissante.
Ainsi dans le monde de l’édition : publier chez un grand éditeur parisien ou chez un petit qui aime son métier, ce sera un plaisir. Se faire éditer dans des maisons d’édition à compte d’auteur, incompétente ou (ou et) sans âme, alors là, oui, il vaut mieux s’autoéditer.
Comme des tas de gens se font des bonnes bouffes à la maison.

Illustration : Gerard Terboch (ou ter Boch), Femme écrivant une lettre, 1655.