Plus votre livre s’adressera à un large public, plus l’illustration sera grande, jusqu’à couvrir entièrement la page, le titre et le nom de l’auteur en surimpression. Plus vous viserez une clientèle intellectuelle, plus elle sera petite. Elle pourra même être uniquement typographique pour le pire (La Pensée Universelle, l’archétype de l’éditeur à compte d’auteur) ou le meilleur : la couverture blanche de Gallimard ou celles inspirées des artistes russes du début du XXe siècle avec une typographie envahissante au fort impact graphique.

Le choix du caractère a également une très grande importance. Si, sur une couverture de roman populaire, il peut être « tarabiscoté », il devra être le plus pur et le plus sobre possible pour un texte poétique par exemple.

Quant au choix de l’illustration (photographique, plastique, graphique…), elle a également une grande importance : elle doit refléter l’esprit et le contenu du livre mais aussi être révélatrice de votre personnalité.

Rapidement, vous vous rendrez compte que votre maquette n’exprime pas nécessairement vos goûts mais une « patte » personnelle que vous ne pourrez transformer qu’avec de l’expérience et beaucoup de travail.

Une anecdote personnelle : quand au début des années 80, j’ai publié mes premiers livres de librairie, c’était la mode des couvertures épurées avec une petite illustration. Et j’aimais ce style. Pourtant je faisais des illustrations pleine page et un peu brouillonnes : l’avantage c’est qu’on les remarquait dans les vitrines des libraires !

Devant cette difficulté, j’ai fait appel à des maquettistes professionnels. Je leur expliquais mes souhaits et je leur proposais deux petits croquis différents. Ils m’en rendaient trois et, invariablement, je choisissais le troisième qui n’avait rien à voir avec mes croquis : ils avaient compris ce que je voulais et que je n’avais pas su traduire graphiquement.

Au fil des années, j’ai progressé, un peu comme un peintre trouve sa « manière ». Je me suis libéré aussi. Aujourd’hui mes couvertures ont un style personnel qui me correspond. Cerise sur le gâteau, elles semblent être appréciées des professionnels et j’espère aussi des acheteurs.

 

Illustration : François Boucher (1703-1770), La marquise de Pompadour, 1758