Roland Brudieux / Les années et les jours

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Préface de Jean Rousselot

De courts textes, des poèmes, le graveur Roland Brudieux nos fait partager ses coups de cœur, sa tendresse pour les femmes, les chats…

Broché, 19 x 25 cm, 112 pages, papier permanent Canson 120 grammes, 5 reproductions pleine page, une gravure sur bois originale – la maison, 15 x 19,5 cm – numérotée et signée.

éditions Nanga

ISBN 2-909152-12-X

Description

Entrer dans l’univers de Roland Brudieux, c’est comme pousser avec curiosité la lourde et belle porte de l’une de ses demeures plusieurs fois centenaire, et sentir palpiter les trésors des années. Les traces du temps sont d’or, et non d’usure. Le « sablier » égraine des éclats de vie savoureux.

Par petites touches, d’un texte à l’autre, l’intime s’esquisse, et se dérobe à la fois. De poème en poème, l’écriture ricoche sur les saisons, et fait resurgir du passé des émotions toutes vibrantes encore, entre légèreté et douce mélancolie. Comme écrivait le poète Jean Rousselot, « tout cela est pudiquement estompé », entre retenue et chaude sensualité. L’œil de l’artiste et du collectionneur s’exprime, élégant, par le réalisme de décors et de scènes pittoresques. Comme un « voyage dans l’ancienne France », au cœur d’une nature au souffle suave, et romantique. Les sensations affluent. L’écriture, comme l’Eve « recelant des fruits mûrs », éclot en capiteux souvenirs, des premiers émois aux rencontres que l’homme « ne laisserait pas échapper ».

Et pourtant, « il » et « elle », indéfinis à l’infini des années qui passent, sont comme en suspens, furtifs et hors du temps. « Elle » s’appelle S, P, A ou F…comme un alphabet du féminin à composer pour qu’ « elle » soit parfaite. A moins qu’« elle » ne doive au contraire rester incomplète, pour que l’imaginaire poétique s’insinue dans les failles du quotidien. Roland Brudieux nous invite à vagabonder avec lui, au rythme de réminiscences et de mythes personnels. Dans la frénésie, et l’indolence. Le lecteur se retrouve, comme le chat croisé au détour d’une page, tantôt lové dans la tranquillité d’une écriture tendre, tantôt en alerte, « griffé » par une pulsation joyeuse. Et après la Nuit, pour cet auteur qui nous livre un testament d’émotions, demeure la lumière et la liberté de l’adolescent qui « comprenait l’harmonie de l’environnement, et s’accordait à lui ».

A la lecture de ce recueil, nous sommes nous aussi comme des « ombres de passage, investies de soleil », et nous ne le quittons qu’à pas feutrés, pour ne pas déranger…

Maud Bosser